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Économie circulaire et achats B2B : du concept à la plateforme

Économie circulaire et achats B2B : du concept à la plateforme

Économie circulaire et achats B2B

Les émissions liées à la chaîne d’approvisionnement (scope 3 amont) sont en moyenne 11 fois supérieures aux émissions opérationnelles d’une entreprise (Capgemini/CDP, 2022). Pourtant, seules 39 % des entreprises qui reportent au CDP déclarent engager leurs fournisseurs sur des enjeux climatiques, et très peu ont une démarche approfondie.

La fonction achats est assise sur le plus gros levier de décarbonation de l’entreprise. Et l’économie circulaire est l’un des moyens les plus concrets de l’actionner : réduire les quantités achetées, sourcer des matériaux recyclés, passer de l’achat à l’usage, réemployer au lieu de jeter, mutualiser entre entités.

Le problème, c’est que la plupart des directions achats savent quoi faire mais pas comment le faire à l’échelle. Les freins sont connus : complexité du sourcing de fournisseurs circulaires, manque d’outils digitaux adaptés, résistance au changement des prescripteurs, absence de catalogue structuré pour les produits de réemploi.

Ce article détaille les leviers concrets pour intégrer l’économie circulaire dans vos achats B2B, et montre comment une plateforme multi-fournisseurs rend ces leviers opérationnels.

1. Pourquoi les achats sont le premier levier de la transition circulaire

Le poids du scope 3 dans le bilan carbone

Dans la plupart des entreprises, les achats de biens et services (scope 3 amont, catégorie 1 du GHG Protocol) représentent entre 50 % et 90 % des émissions totales. Chez Colas, filiale de Bouygues, ce chiffre atteint 85 %. Chez Saint-Gobain, 50 %. Les émissions liées aux opérations propres (scopes 1 et 2) sont souvent marginales en comparaison.

L’économie circulaire agit directement sur ce scope 3 : acheter un produit reconditionné au lieu d’un produit neuf, sourcer des matériaux recyclés, mutualiser des équipements entre entités, prolonger la durée de vie des actifs. Chacune de ces actions réduit les émissions en amont, là où elles sont les plus massives.

La pression réglementaire s’accélère

La CSRD (Corporate Sustainability Reporting Directive) impose désormais à plus de 50 000 entreprises européennes de reporter leurs émissions scope 3 et leurs pratiques de circularité. Le DPP (Digital Product Passport) rendra obligatoire la traçabilité des matériaux et la réparabilité des produits à partir de 2027. La loi AGEC impose déjà aux acheteurs publics d’intégrer des matières recyclées dans certaines catégories d’achats.

Pour les directions achats, la question n’est plus « faut-il intégrer l’économie circulaire » mais « comment le faire concrètement, à l’échelle, dans les processus existants ». Consultez notre guide sur le passeport numérique des produits (DPP) pour le calendrier réglementaire.

2. Les 5 freins qui bloquent les directions achats

Frein n°1 : économique et financier

Le produit reconditionné ou recyclé est-il moins cher que le neuf ? Pas toujours. Les filières de réemploi ont des coûts de logistique inverse, de contrôle qualité et de reconditionnement que le neuf n’a pas. L’argument économique ne fonctionne que si on raisonne en TCO (coût total de possession) et non en prix d’achat unitaire. Les organisations qui ne calculent pas le TCO dépensent 40 à 60 % de plus sur la durée de vie de leurs achats (SpecLens, 2026). Notre article sur le coût réel des achats de classe C (TCOP) détaille cette approche.

Frein n°2 : réglementaire

Les disparités législatives entre pays, les difficultés d’application de la loi AGEC, le flou sur les normes de reconditionnement par catégorie de produit. Les acheteurs publics ont des obligations (20 à 40 % de matières recyclées sur certaines catégories) mais les outils pour les respecter sont souvent absents.

Frein n°3 : social et comportemental

Les prescripteurs internes résistent au reconditionné. « Je veux du neuf. » L’acceptabilité des produits recyclés ou reconditionnés varie selon les catégories (le mobilier reconditionné passe mieux que l’EPI reconditionné). La conduite du changement est un chantier à part entière.

Frein n°4 : structurel et organisationnel

Les processus achats (appels d’offres, cahiers des charges, critères de sélection) sont conçus pour l’achat de produits neufs auprès de fabricants. Intégrer des fournisseurs de réemploi, des plateformes de mutualisation ou des filières de recyclage dans ces processus demande de repenser les workflows d’approbation, les critères de qualification fournisseurs et les grilles de scoring.

Frein n°5 : technologique et industriel

L’éco-conception, la standardisation des matériaux recyclés, la logistique inverse, la disponibilité des données sur la composition et l’état des produits. Sans catalogue structuré et sans traçabilité des produits, l’achat circulaire reste artisanal. C’est le frein que la technologie peut lever le plus directement.

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3. Les 6 leviers de l'achat circulaire (et comment les activer)

Levier 1 : Refuser

  • Le principe : éviter l’utilisation ou l’achat d’un produit non nécessaire, choisir une alternative. C’est le levier de la sobriété.
  • Comment l’activer : avant chaque achat, poser la question : « en ai-je vraiment besoin, ou existe-t-il une alternative (mutualisation, prolongation d’usage, réparation) ? » Les données d’utilisation disponibles sur une plateforme d’achats (fréquence de commande, taux d’utilisation, historique de consommation) permettent d’identifier les surconsommations. Un acheteur qui voit que 30 % des cartouches d’imprimante commandées finissent en stock dormant peut challenger le besoin avant la commande.

Levier 2 : Repenser

  • Le principe : concevoir différemment l’utilisation (location, éco-conception) ou inventer de nouveaux modèles économiques.
  • Comment l’activer : passer de l’achat à l’usage. Au lieu d’acheter des équipements, les louer ou les utiliser en mode « as a service ». Le fournisseur reste propriétaire, l’acheteur paie l’usage. Ce modèle incite le fournisseur à concevoir des produits durables et réparables, puisqu’il a intérêt à ce qu’ils durent. Pour une direction achats, c’est un changement de contrat (de l’achat au service), pas un changement de processus. Les marketplaces de services intègrent nativement ce modèle.

Levier 3 : Réduire

  • Le principe : produire avec moins de ressources et moins d’énergie.
  • Comment l’activer : intégrer des critères d’empreinte carbone et de consommation de ressources dans les cahiers des charges. Exiger des fournisseurs qu’ils communiquent l’empreinte carbone de leurs produits (ACV). La marketplace multi-vendeurs facilite cette comparaison : les fiches produits structurées permettent de comparer des fournisseurs sur des critères environnementaux en plus du prix et du délai. Les articles sur l’IA et les fiches produits et les indicateurs de performance achats détaillent ces mécanismes.

Levier 4 : Réemployer et réutiliser

  • Le principe : réparation, maintenance, reconditionnement, remanufacturing.
  • Comment l’activer : c’est le levier le plus concret et le plus immédiatement actionnable. Il suppose d’avoir accès à un catalogue de produits reconditionnés, avec des informations fiables sur leur état, leur garantie et leur disponibilité. C’est exactement ce qu’une marketplace de réemploi permet : un catalogue multi-fournisseurs de produits reconditionnés, avec des fiches produit normalisées, un scoring qualité et une logistique inverse intégrée.
  • Le secteur du BTP est en avance (matériaux de réemploi), celui du mobilier de bureau aussi (reconditionnement), celui de l’IT le plus mature (PC et serveurs reconditionnés). Les différences entre upcycling, réemploi, réutilisation et recyclage sont détaillées dans notre guide.

Levier 5 : Recycler

  • Le principe : utiliser des matières recyclées dans les produits achetés.
  • Comment l’activer : exiger un pourcentage de matière recyclée dans les spécifications d’achat. Sourcer des fournisseurs spécialisés dans la revalorisation de matières premières secondaires. La marketplace centralise ces fournisseurs dans un catalogue accessible aux acheteurs opérationnels, sans qu’ils aient besoin de connaître chaque filière de recyclage.

Levier 6 : Mutualiser

  • Le principe : partager des outils, des véhicules, des équipements entre entités.
  • Comment l’activer : une marketplace interne permet à un groupe multi-sites de proposer ses actifs sous-utilisés aux autres entités avant de racheter du neuf. Un site qui n’utilise plus un chariot élévateur le propose sur la plateforme, un autre site l’achète en interne au lieu de commander du neuf. C’est le modèle de la centrale d’achat digitale appliqué aux actifs existants. Pour les réseaux de franchisés, la digitalisation du réseau de distribution active le même levier.

4. La plateforme multi-fournisseurs comme accélérateur

Le problème de l’achat circulaire sans plateforme

Sans outil digital, l’achat circulaire reste artisanal. L’acheteur appelle ses fournisseurs un par un, compare des offres au format disparate, gère la logistique inverse en dehors du circuit standard, et ne dispose d’aucun reporting consolidé sur la part de ses achats circulaires. 

Résultat : quelques achats ponctuels de reconditionné, un pilote sur le mobilier, mais pas de démarche structurelle.

Ce qu’apporte la marketplace

Une plateforme multi-fournisseurs résout les 5 freins identifiés :

  • Frein économique → la marketplace permet de comparer les offres neuf vs reconditionné sur la même interface, avec un TCO calculé automatiquement. L’acheteur voit la différence de prix ET de coût total.
  • Frein réglementaire → les fiches produits structurées intègrent les attributs réglementaires (% matière recyclée, certifications, DPP) et les workflows de validation s’adaptent aux exigences des marchés publics.
  • Frein comportemental → l’interface est la même que pour l’achat de neuf. L’acheteur opérationnel ne voit pas de différence de parcours, juste un badge « reconditionné » ou « matière recyclée » sur la fiche produit. La conduite du changement est minimale.
  • Frein structurel → les fournisseurs de réemploi et de recyclage s’onboardent sur la marketplace comme n’importe quel vendeur. Ils passent par le même processus de scoring et de KYC.
  • Frein technologique → la marketplace structure les données produit (état, garantie, composition, ACV), intègre la logistique inverse et centralise le reporting environnemental.

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5. Par où commencer : la feuille de route en 4 étapes

Étape 1 : Cartographier vos catégories d’achats à fort potentiel circulaire

Identifiez les catégories où le réemploi, le reconditionnement ou la matière recyclée sont déjà matures : mobilier de bureau, IT (PC, serveurs, téléphones), EPI, emballages, matériaux de construction. Ce sont vos pilotes.

Étape 2 : Identifier les fournisseurs circulaires

Cherchez les fournisseurs de reconditionnement, les filières de recyclage, les acteurs de la location/usage dans vos catégories pilotes. Intégrez-les dans votre panel avec les mêmes exigences qualité que vos fournisseurs classiques.

Étape 3 : Centraliser sur une plateforme

Onboardez vos fournisseurs circulaires sur votre marketplace B2B ou votre plateforme d’achats. L’acheteur opérationnel doit pouvoir comparer neuf et reconditionné dans le même catalogue, dans le même panier, avec le même parcours.

Étape 4 : Mesurer et piloter

Suivez la part de vos achats circulaires dans vos dépenses totales (% d’achats reconditionnés, % de matière recyclée, nombre de produits réemployés en interne). Intégrez ces KPI dans votre reporting achats et dans votre déclaration CSRD.

L’économie circulaire dans les achats B2B ne se décrète pas : elle s’outille. Que vous souhaitiez lancer une marketplace de réemploi, une plateforme de seconde main ou une solution de revalorisation de matières premières, nos experts peuvent vous accompagner dans la structuration de votre stratégie d’achats circulaires.

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L'économie circulaire dans les achats, ça concerne le public ou le privé ?

Les deux. Le secteur public a des obligations réglementaires (loi AGEC, code de la commande publique) qui imposent l’intégration de matières recyclées et de critères environnementaux. Le privé est poussé par la CSRD, les objectifs SBTi et la pression des investisseurs. Les leviers sont les mêmes, les obligations varient.

Par quelle catégorie d'achats commencer ?

Commencez par les catégories où les filières de reconditionnement sont matures et les gains rapides : IT (PC, écrans, téléphones), mobilier de bureau, emballages, EPI. Ces catégories ont des fournisseurs de reconditionnement structurés et des catalogues disponibles.

Le reconditionné est-il vraiment fiable pour des achats professionnels ?

Oui, à condition que le fournisseur propose des garanties comparables au neuf. Un PC reconditionné avec 2 ans de garantie et un processus de reconditionnement certifié est aussi fiable qu’un PC neuf pour un usage bureautique. La clé, c’est le scoring fournisseur et la transparence sur le processus de reconditionnement.

Comment mesurer la part d'achats circulaires ?

Définissez des KPI simples : pourcentage de dépenses en produits reconditionnés ou à matière recyclée, nombre de produits réemployés en interne, taux de valorisation en fin de vie. Ces indicateurs s’intègrent dans le reporting CSRD et dans vos objectifs SBTi.

Quel est le lien avec le passeport numérique des produits (DPP) ?

Le DPP rendra obligatoire la traçabilité des matériaux, de l’impact environnemental et de la réparabilité des produits. Pour les marketplaces, cela signifie enrichir les fiches produits avec ces données. C’est aussi une opportunité : les produits dotés d’un DPP seront plus faciles à réemployer et à recycler, puisque leur composition sera connue. Consultez notre guide DPP.

Qu'est-ce que la loi AGEC change pour mes achats ?

La loi AGEC impose notamment aux acheteurs publics d’acquérir entre 20 et 40 % de biens issus du réemploi ou contenant des matières recyclées dans certaines catégories. Elle interdit aussi d’exclure les produits reconditionnés dans les achats de constructions temporaires. Pour le privé, elle envoie un signal fort sur la direction réglementaire.